#MothersPower

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4 min readJun 4, 2023

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Tu es mère, ça va être ta fête. A chaque fois que tu entreras dans un compartiment avec ta marmaille. A chaque fois que tu oublieras un doudou. A chaque fois qu’une réunion sera à calée à 18 heures. A chaque fois que tu entendras “tient tu es encore en télétravail” (et ce sera parce que tu as le privilège de ne pas devoir être absente). A chaque fois que tu auras un moment d’hésitation à cause d’un changement de programme, une sortie improvisée, une opportunité. A chaque fois que tu auras l’impression que l’on use de ton naturel bienveillant maternel pour te sauter sur les pieds… Et ce sera une fête à tout casser, quand arrivera l’injonction sublime “tu sais … il faut savoir lâcher prise …. profiter du moment présent … tu devrais prendre du temps pour toi, faire de la méditation” … satanée de fête des mères.

randomnée

Je ne me souviens pas exactement pourquoi j’ai voulu enfanter. Parce qu’il était d’accord ? Je me souviens pour mon ainé, d’une confiance puissante dans le fait que je ne serai pas seule… puisque toi ma mère tu étais là ! Et puis la vie est devenue pour toi un combat, un trésor pour nous. Aimée est arrivée et puis tu es partie. Entre temps, dans ma vie d’encore jeune femme il m’est apparu impossible de gérer la carrière pour laquelle j’avais été formée, tout en faisant fi des enfants. Ma mère ne pouvait pas être ce suppléant à la fois gratuit, hyper disponible et ultra qualifié. Les femmes que j’admirais dans mon parcours professionnel se consumaient au mieux en burn out. Enfin, je n’étais pas assez performante professionnellement, pour avoir les moyens de ne pas m’occuper de mes enfants.

Randomnée

Est ce que ce constat “ouinouin” est satisfaisant ? non évidement. Je demande pardon à mes ami.es qui soit parce qu’elles n’ont pas voulu, soit que la vie ne l’a pas permis n’ont pas d’enfant. Ces mots, je sais qu’elles les entendent, je sais qu’elles les relativisent … je sais aussi que ceux sont ceux qui font que nous nous voyons si peu. Ces réalités vécues qui font que vous me manquez tant et qui disent mal ce qu’il faudrait célébrer dans Les mères :

  1. être mère, c’est une victoire à chaque fois qu’avec les enfants, à la fois dépendants et déjà adultes de demain, nous parvenons à transformer notre journée, notre maison, notre vie. Ce que nous voulons, ce que nous devons … ne conviennent pas toujours à leurs possibles. Le pouvoir, la force est trop vite violence sur un enfant qui de corps et d’esprit, ne peut pas. La victoire c’est quand mère, père et enfants nous accordons sur une règle sauvage : propres à nous à ce moment là et à chacun de nous … un management de l’innovation en co-création permanent !
  2. être mère, c’est une victoire à chaque fois que l’on a pu fricoter un dîner sourire, à chaque fois que l’on a réussi à pousser ses enfants plus loin que l’ennui, à chaque fois que le confort matériel et émotionnel se fait oublier pour ouvrir à la liberté du temps long et de leurs rêves. La victoire c’est quand mère et père laissent ses enfants avancer, et même les dépasser … sans se perdre.
  3. être mère, c’est une victoire à chaque fois qu’ensemble avec les autres mères (et aussi un peu les pères) nous nous mobilisons pour l’Enfance. L’école, les réunions, les sorties de classes, les cafés des parents, les whastapp … ces trucs de bonnes femmes … ou ces compétences mises en commun dans un pragmatisme qui dépasse les égos et les pouvoirs, pour réussir mieux que bien : une performance du quotidien. Deux camarades de classes sont sortis avec leurs familles respectives, de la rue : ce sont toutes les mères qui gagnent.

Le pouvoir des mères c’est une relation au monde, qui nous attache au temps d’après, sans oublier les profondeurs du ventre. Le pouvoir des mères c’est ce premier échange de regards, les yeux dans les yeux, avec un être qui vient de nous, qui n’est rien sans nous, mais qui déjà est autre et bouscule tout ce qui vient. C’est un lien naturel et culturel, entre l’intime et l’universel. C’est une énergie que d’autres réduisent à un instinct naturel. L’exigence de ce super pouvoir peut transformer les femmes en matrones … en sorcières : elles sont redevables, elles doivent arbitrer, elles risquent de s’effacer…

Randomnée

… Mais je vais vous confier un secret : à chaque fois que la charge des enfants, la responsabilité de l’Avenir est mieux partagée … alors les femmes retrouvent l’enfant qu’elles étaient, et cet autre pouvoir de la légèreté. Elles savent très bien courir après les nuages éphémères… Alors merci aux pères, aux grands pères, aux belles mères, aux sœurs et amies et aux enfants … qui connaissent déjà ce secret, ou qui s’en rendent comptent au fur et à mesure. La plus belle des fêtes des mères, c’est quand je ne suis pas Que mère ! #MotherPower

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