en 2023, la #Robustesse des #Sublimes nuages

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4 min readJan 9, 2023

Dans les variations de lumière, les ombres qui dansent, la poussière de l’ennui, chacun peut considérer son point de départ. Un positionnement comme une place forte ? Un positionnement pesant ? Un positionnement vacillant ? Les instabilités climatiques, énergétiques, géopolitiques emportent les certitudes, les habitudes, les conventions, les réflexes … Une imprévisible scientifiquement probable, comme prévu, déferle sur les positions.

Dans l’attente anxieuse qui précède les grands bouleversements, chacun scrute les coins sombres de sa place : réévaluer ce que l’on ne voyait plus, mais dont on sait intimement la présence rassurante. Avant de partir, chacun établit son état des lieux, . Il s’agit de choisir ses appuis, décider de ce que l’on emporte. Il s’agit d’avoir le courage d’abandonner ce qui doit être laissé définitivement. Chacun sens que partir sur le voyage d’après le grand partage de la nature et la culture, c’est s’exposer à ce que la modernité nous a présenté comme l’inconfort. Déjà nous pouvons ressentir la virulence des vents dans nos déplacements à bicyclette. Déjà les courants d’eau de pluie s’abattent dans les rues. Déjà les chaleurs nous aplatissent à plat dos sur les terrasses. Il s’agit de ne pas s’embarrasser de la peur. Et pourtant il faudrait s’équiper habilement pour tenir la route, pour tenir la distance. De quoi avons nous besoin pour se rendre disponible aux dynamiques imprévisibles du vivant ? Se laisser affecter par notre environnement qui se tord sous les coups de la modernité, pour modifier notre état de conscience, démultiplier les points de vue, ressentir comment notre corps réagit et répond aux pleins et déliés qui s’imposent à lui… Dans le vivant, sortit du confort égoïste, de l’automobile, des écrans … notre schéma corporel se métamorphose : notre corps, nos vêtements, nos grigris, nos intimités sensibles s’assouplissent, se mettent en réponse des événements et se posent comme sujets parmi d’autres sujets. A partir de notre positionnement, se mettre dans une dynamique de Robustesse : se mettre en capacité de sentir, lire, comprendre, s’adapter et anticiper ce monde vivant aux cartographies perdues ou inconnues.

Hors-pistes du progrès, du développement, de la propriété privée, de la rentabilité financière … hors-pistes du grand partage moderne entre nature et culture … nous sommes invités à suivre d’autres pistes, d’autres questionnements et d’autres enquêtes … pour aller à la rencontre des opportunités aujourd’hui invisibles … pour cartographier ce vivant complexe d’interdépendances. Baptiste Morizot et Estelle Zhong Mengue proposent que dans la perspective du vivant nous serions capables de voir et interpréter ces paysages, visages et ramages . Il faudrait désapprendre à lire notre environnement comme une succession de stocks ou gisements de valeur à exploiter. Il faudrait apprendre à vivre dans une atmosphère de liens et relations qui tissent de manière quasi invisible l’humus, l’eau et l’air. S’immerger dans ce mystère fécond d’interdépendances allant de la symbiose à l’amphibiose, où la vie se nourrit dans la mort et où tout se tient dans un équilibre de séductions et de beautés. Prendre conscience de cette logique profonde : les habitudes des vivants sont notre habitat commun. Vivre des relations et des échanges profondément écologiques. Communiquer avec l’ensemble du vivant ce dont on a besoin, communiquer avec Robustesse ce que l’on propose à l’échange afin de faire prospérer le pouvoir vivre.

Il temps d’établir les termes de notre pouvoir de vivre dans l’anthropocène et c’est une nouvelle aventure pour l’humanité rendue à sa condition plus qu’universelle : une nouvelle tentative inouïe pour perdurer en tant que forme de vie soumise à l’épreuve de la sélection naturelle. Sur nos cartes nous reportons nos amers, nos points de connaissances, nos cardinales éthiques. Reste à tracer les courbes de niveaux, à constater les transformations engendrées par nos propres mouvements et actions … à doser, à mesurer, à faciliter, à favoriser … des convivialités, des cohabitations luxuriantes, florissantes, grouillantes de vies. Apprendre à faire de manière prospère et soutenable pour le vivant : faire avec Robustesse.

Robustes dans ce nouveau paradigme d’inclusion au monde, nous nous émancipons de la culture moderne, nous ouvrons large, hyper large, les pistes vers les mondes possibles. Dans une alliance retrouvée entre nature et culture, nous réenchantons les beautés autochtones, et de manière pragmatique nous apprenons à vivre l’avenir. Nous habitons le sublime vivant, libres comme les nuages qui roulent dans les vents nouveaux. “People Rocking in a free world”.

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des marques vivantes pour faire valoir les engagements, les efforts, les arbitrages des organisations à dépasser les status-quo économiques.